Qu'est-ce qu'une langue peut apporter à quelqu'un qui ne l'aime pas encore ?
Pas "tu en auras besoin plus tard." Ça ne fonctionne pas. Les humains sont mis en mouvement par ce qui compte pour eux maintenant, par de vrais enjeux, de vraies conversations.
Ce qui permet à quelqu'un d'apprendre une langue, c'est d'abord d'être vu. Pas évalué. Vu.
FLE+ crée les conditions où le français devient nécessaire, non pas parce qu'il est imposé, mais parce qu'il est le seul espace disponible pour une conversation qui compte. Les apprenants utilisent la langue comme medium pour construire quelque chose qui leur appartient.
L'erreur est un signe de vie. Les niveaux sont une carte approximative, pas le territoire. Ce qui compte, c'est si quelqu'un peut faire quelque chose de réel avec ce qu'il a, même imparfaitement, même partiellement.
Il y a un moment dans toute séance, qu'on ne planifie pas et qu'on ne reproduit pas, où quelque chose d'autre commence. Une digression. Un silence un peu trop long. Une question hors-manuel. FLE+ ne cherche pas à le provoquer. Il cherche à ne pas l'empêcher, ce qui est déjà, dans la plupart des classes, un acte de résistance.
Cette approche se documente depuis le terrain. Ce qui est consigné ici, c'est ce qui s'est réellement passé, y compris ce qui n'a pas fonctionné.